MO Festival by La Croisette.

MO Festival by La Croisette.

Il y a quelque temps, quelqu’un de Grand Baie, La Croisette a pris contact avec moi pour m’inviter à participer au festival mauricien qui allait se tenir. Il avait entendu parler de moi à travers mon livre Tizistwar nou pays et pensait que j’avais ma place à ce festival et m’a demandé de penser comment organiser mon stand. Comme j’étais occupé avec la sortie de mon livre Konfizri, je n’ai pas trop réfléchi au décor de mon stand et finalement mercredi lorsque j’ai à nouveau pensé à ça, c’était la grande panique. Comme je ne pouvais pas trop investir dans des dépenses, il me fallait trouver une idée créative qui ne coûte pas trop. Finalement j’ai pensé décorer ma table avec des objets d’antan qui ont une valeur émotionnelle.

J’ai contacté quelques personnes pour essayer de ramener ces objets et quelques amis m’ont donné des trucs qu’ils avaient précieusement gardé. Parmi, il y avait une dame qui voulait me remettre un livre qu’elle avait. Sauf que lorsque je suis arrivé à La City, Trianon où on devait se rencontrer, j’étais 45 minutes en avance. J’ai hésité car je ne savais pas si cela valait la peine d’attendre aussi longtemps pour un livre, alors que j’étais déjà stressé avec tous les trucs à préparer pour le lancement de mon livre. Je l’ai quand même fait et lorsque la dame est venue, elle m’a demandé si j’avais tout ce dont j’avais besoin pour mon stand. Quand elle a appris que j’essayais de me débrouiller tout seul, elle m’a dit que son ami et elle font souvent des décors et pourront trouver des éléments pour m’aider. Et elle a volontairement proposé de s’occuper de mon stand. A ce moment, j’osais pas croire ce qu’elle me disait. J’étais au bord du désespoir et quelqu’une, tombée du ciel, proposait de m’aider d’elle-même. Et cette semaine s’est déplacé et est venue jusqu’à Grand Baie tôt le matin avec son ami et ils m’ont aidé à décorer mon stand. Lorsqu’elle m’a demandé si j’étais satisfait, je voulais lui dire que cela ne comptait pas autant que le fait que lorsque j’étais seul, le seigneur a été mon berger et a envoyé quelqu’un pour m’aider.

La veille du lancement, j’ai réalisé que j’allais être seul tout le temps, je ne pourrai même pas quitter mon stand pour aller acheter quelque chose à manger. Il ne me restait que très peu de temps pour trouver quelqu’un pour m’accompagner. Finalement, j’ai pensé à une fille et je lui ai demandé si elle était libre et si cela l’intéressait de venir avec moi, je n’osais pas croire lorsqu’elle a dit que cela lui ferait très plaisir. Et puis hier, une autre fille est venue m’aider le matin pour remonter le tout et le soir pour tout ranger. Pendant la journée, j’étais seul et vers midi, je commençais à avoir faim mais je ne pouvais pas quitter mon stand. Arrivé 13h, j’avais mal au ventre tellement j’avais faim et je me disais si je ne trouve pas quelque chose à manger, je ne pourrais plus tenir le coup. Et à ce moment, une amie à moi qui travaille également au festival est passée devant mon stand, m’a fait un petit bonjour et comme ça, m’a demandé si je voulais qu’elle m’apporte quelque chose à manger. Plus tard quelqu’un est venu déposer des trucs préparés avec tellement de soin que j’ai eu envie de pleurer. Vers 4 h, une cliente, et grande fan de Tizistwar nou pays, est venue acheter plusieurs copies du livre Konfizri et avant de partir, elle est allée acheter du café et des gâteaux pour moi. Pendant la journée une autre dame qui avait vu que j’avais décoré mon stand avec des trucs d’antan est venue acheter son livre et m’a offert en cadeau de chez elle une copie du livre Lecture Mauricienne qu’on lisait autrefois à l’école.

Le Mo Festival célèbre le mauricianisme et parfois on se demande ce qu’il en reste du mauricianisme, s’il y en a jamais eu, au fait. Pas un jour ne passe sans qu’on entende des trucs qui nous choquent et nous montrent jusqu’où les gens sont disposés aller pour tricher, accaparer, tuer, détruire, semer le mal. Et puis il y a tous ces gens qui sont là à contribuer, apporter leur aide, donner de leur coeur, redonner foi, agissant dans la discrétion afin que les brebis aient la vie et qu’ils soient dans l’abondance.